Enquête : Statut des sexologues cliniciens : état des lieux, projets, enjeux

S’il existe bien une spécificité de la sexologie, c’est le fait que des thérapeutes vont se focaliser sur le plaisir et le vécu du plaisir dans une dimension relationnelle.
Le but de nos regroupements est de réglementer une profession qui risque d’être sujette à toutes les dérives : l’appellation de sexologue n’est pas protégée par la loi ; les sexologues cliniciens ne bénéficient d’aucun statut.

Un gynécologue ne parle pas toujours de plaisir et d’orgasme avec ses patientes, un chirurgien n’explore pas la fantasmatique du désir, un psychanalyste ne prescrit pas d’exercices érotiques, un psychologue ne prône généralement pas de massage sensoriel. C’est pourquoi la prise en compte de la réalité́ sexuelle et de la fonction érotique mobilise le domaine de la sexologie qui n’est pas entièrement contenu dans les disciplines qui la constituent.

Certes, les symptômes sexuels sont souvent le signe d’autres difficultés plus ou moins profondes, d’inhibitions relatives à l’histoire de chacun ; mais s’attacher à soigner spécifiquement un symptôme n’empêche pas de s’interroger si on le souhaite sur d’autres aspects du soi.

Une fausse croyance existe, très largement partagée : l’amour doit être et se faire naturellement. C’est faux ! La sexualité́ est parfaitement naturelle mais naturellement imparfaite. Le « faire l’amour » s’apprend et peut se réapprendre. Faire renaitre le désir n’est pas forcement spontané́. Plus que des spécialistes du sexe, les sexologues sont devenus des spécialistes de la relation à deux, et ceci parce qu’un symptôme sexuel est toujours un symptôme relationnel.

Un projet de loi sur la sexologie est particulièrement important car il peut offrir le titre de sexologue, légalement protégé — ce qui donne déjà̀ quelque garantie au patient ainsi qu’un cadre légal au sexologue – et peut devenir matrice aux projets, en préparation, sur l’exercice de la sexologie clinique.

Il est des lors essentiel de ne pas s’engager dans un chemin étranger (voire opposé) à la spécificité́ de la profession, ce qui conduirait progressivement à un cul de sac ou à un étranglement. De ce point de vue, il est clair que si la psychothérapie intervient quelquefois en tant que complément nécessaire de la médecine et de la chirurgie, l’esprit et les modes d’approche de cette dernière sont aux antipodes de la sexologie clinique.

Cette différence et cette complémentarité́ représentent un capital intellectuel et clinique à ne pas gâcher. Le respect de la diversité́ et de la différenciation représente d’ailleurs un souci commun aux perspectives écologistes et à celles en matière de santé sexuelle (lesquelles procèdent d’une philosophie de l’autonomisation et non de la normalisation).
Inscrire, pour de simples commodités (logistiques ou stratégiques), l’exercice de la sexologie clinique dans une sous-rubrique purement médicale serait, dans cette perspective, extrêmement dommageable, et surtout une fois réalisé, cela s’avérerait difficilement réversible. Ce serait d’autant moins compréhensible que les chirurgiens- dentistes par exemple, bénéficient déjà̀ de leur propre chapitre bien qu’ils s’inscrivent totalement, en ce qui les concerne, dans la logique médicale.

A fortiori les sexologues cliniciens – et plus largement tous les praticiens médecins et non-médecins de la santé sexuelle – devraient bénéficier d’un chapitre autonome conforme à la spécificité́ de leur approche clinique et de leurs références déontologiques autant qu’intellectuelles.

La vocation du Syndicat National des Sexologues Cliniciens ayant entre autres missions la reconnaissance et la défense du titre et la profession de sexologue et de la faire connaitre auprès du public, des professionnels de santé et des instances publiques, propose une enquête nationale dont les précieuses informations permettront d’élaborer une demande de statut auprès de l’ARS.
Le questionnaire de cette enquête a été distribué à tous les participants des 5es Assises Françaises de Sexologie et de Santé Sexuelle qui ont eu lieu à Montpellier.
Beaucoup d’entre-deux l’ont rempli et déposé dans l’urne mise à disposition à cet effet, au stand du Syndicat.

Pour celles et ceux qui n’ont pas eu le temps de le remplir, ou simplement le remettre dans l’urne au stand du SNSC, ou encore se rendre aux Assises, vous pouvez le télécharger ici sur le site, le remplir et le renvoyer à l’adresse du syndicat avant le 26 mai prochain.

Le SNSC tiendra informés ses membres ainsi que les personnes ayant laissé leurs coordonnées sur le questionnaire.

Jacqueline Breut
Psychothérapeute, Sexologue clinicienne
Déléguée Régionale du SNSC – Région Nord-Ouest

Sex-toys et fonction érotique

Au début du 20° siècle, les femmes hystériques étaient traitées très sérieusement par un massage vulvaire durant en moyenne une heure, ou par le mariage… cette deuxième solution étant par contre beaucoup moins fiable.
Dès l’arrivée de l’électricité, le premier vibromasseur fût adopté par de nombreux foyers modernes comme troisième appareil électroménager, après l’aspirateur et la machine à laver.
Au niveau pelvien, le gain était un orgasme physiologique sans pénétration, personnel mais pas tabou puisque le mot « sexe » n’apparaissait pas.
Considérons les « Sex Toys » comme des accessoires liés au progrès et qu’il faut simplement contrôler. Après tout, les doigts peuvent servir à manger, à se laver les dents, à s’essuyer… Convenons qu’une fourchette, une brosse à dents ou une serviette sont des outils parfaitement adaptés aux mêmes tâches.
Il en est de même pour la masturbation. Pourquoi ne pas utiliser des outils performants dans la recherche des plaisirs à obtenir ? Pourquoi les refuser sous le faux prétexte qu’il y aurait « infantilisation » ?
Manon BESTAUX (Poster présenté aux 3èmes Assises de Sexologie de Reims, Mars 2010)

Place du jeu dans le couple

Le couple est une entité unique constituée de deux personnages cérébrés qui décident (ou pas) d’utiliser leurs corps et notamment leurs parties génitales pour autre chose que la naturelle fonction animale limitée au coït à visée procréatrice, avec ou sans orgasmes d’ailleurs.
Posons alors la question : le sexe oui, mais pourquoi faire ?
Chaque individu a un parcours de vie et un mode de fonctionnement corporel qui varie entre autre selon son sexe génétique.
L’apprentissage du réflexe orgasmique (inné et acquis) met en place le rituel personnel humain pour accéder au plaisir sexuel et oriente le choix du mode de partage de ce moment d’exception : c’est l’empreinte du premier ressenti. Puis le couple développe une fonction de communication corporelle, érotique, dans son expression la plus intime.
C’est alors le jeu qui permet les questions à l’autre, autorise l’aveu de soi-même, relativise le jugement, facilite la définition par le couple du « faire l’amour ».
Alterner les rôles, prendre des initiatives, changer les habitudes, partir à l’aventure, tout cela est permis par le jeu. Rien n’est figé, la notion du temps qui passe est valorisée.
Avancer devient apprendre, c’est-à-dire ne plus avoir peur de l’échec dans ces « épisodes de jeu amoureux ». Et le principe même du jeu impose respect, confiance et consentement.

Sourire et sexe

Le sourire existait avant le verbe (les recherches actuelles le découvrent chez l’animal) et quand on sait que le premier sourire du bébé est lié à la reconnaissance humaine, comment se priver de cet outil de communication initiale? Qui plus est, la plus petite manifestation de plaisir physique personnel ?

Il faut sourire pour aimer et se faire aimer. Sourire à ses « semblables », à son espèce.

La fonction érotique ne peut faire l’économie du sourire, ce signal d’ouverture à l’autre, inné et acquis, que l’on retrouve dans les rituels du couple, essentiels au maintien de son équilibre.

Manon BESTAUX

www.editionsparticulieres-sprl.com

Bouche et sexe

Ces mots écrits en ce moment ne sont «rien».

Sur lettre, sur mail, ils ne sont pas dits, c’est comme s’ils n’existaient pas.

Pas de souffle, pas de température corporelle, l’autre s’est volatilisé.

Bien pratique d’ailleurs cette virtualité: si l’autre pue de la gueule, que cette bouche ne me revient pas… au grand jamais je ne l’approcherai !

La bouche est l’organe érotique par excellence. Il faudra bien en passer par elle, ne serait ce que pour dire «Un dernier verre ? Je n’habite pas chez mes parents… Je ne suis pas celui que vous croyez » et autres inepties qui disent le désir.

Il faudra bien en passer par elle, même sans mots, pour « rouler une pelle», étrange mot argotique qui dit tout ce que cette pelle/langue a vu passer de mets, de vie concrète, de plus et de moins. La bouche EST le passage obligé.

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